LES BANQUES D'AFFAIRES : Partenaires clés d'un developpement efficient en Afrique

En dépit du ralentissement de l’économie mondiale (3.3%) et le risque de chute qui pèse sur les prix des matières premières, principales ressources de pays africains, les économies africaines devraient continuer de se développer à un rythme soutenu, notamment grâce à la forte hausse des investissements publics dans les infrastructures (dont les secteurs les plus attractifs sont l’énergie, l’eau, les transports et la logistique, l’exploitation minière, les télécommunications et l’immobilier), l’augmentation de la production agricole ainsi que le développement des services dans les domaines du commerce, des télécommunications, des transports et de la finance.

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Selon les prévisions d’avril 2015 du FMI, le continent africain bénéficie actuellement d’un taux de croissance s’élevant à 4.5%, ce taux devant atteindre 5.1% d’ici 2016.


Un afflux de capitaux et un marché attractif tirés par des investissements publics massifs


L’attractivité du marché africain est passée, pour les investisseurs, de la huitième place en 2011 à la deuxième place en 2014, au même rang que l’Asie et juste derrière l’Amérique du Nord.


Ainsi, l’on compte plus de 800 fonds qui investissent aujourd’hui en Afrique. On peut citer parmi eux : l’Union européenne avec l’EU-Africa Infrastructure Trust Fund, l’Australie, la Grande Bretagne avec un fond qui a initié en 2015 un plan de 1,9 milliards de dollars dans l’énergie renouvelable en Afrique, la Chine particulièrement active depuis quelques années sur le continent avec le China-Africa Development Fund qui a été lancé en 2006 avec plus de 70 projets à son actif et 2,5 milliards de dollars investis dans une trentaine de pays. A cela s’ajoute un accord pour le développement de l’infrastructure sur tout le continent africain signé le 27 Janvier 2015 entre la Chine et l’Union africaine.

Comme on peut donc le constater aisément, le paysage économique en Afrique en pleine mutation combiné aux besoins énormes en infrastructures entraîne un appétit de plus en plus important des investisseurs.

Les Investissements Directs Etrangers (IDE) ont quintuplé entre 2000 et 2013 pour avoisiner à cette date 60 milliards de dollars US et plus de 4% des IDE mondiaux. Les dernières statistiques confirmaient ces tendances croissantes, avec 80 milliards USD en 2014, devant les transferts monétaires officiels des migrants pour environ 67 milliards et l’aide publique au développement (APD), pour environ 55 milliards.


Un déficit de financement de 50 milliards de dollars US par an


Cependant, malgré ces progrès réalisés, le taux d’investissement en Afrique reste faible par rapport à la moyenne pour les pays en développement et également par rapport à ce qui est considéré comme nécessaire pour atteindre les objectifs de développement (estimé autour de 25%). À titre d’illustration, pour la période 2000-2011, il a été d’environ 19 %, contre 26 % pour les pays en développement.

En outre, bien que cette expansion des économies africaines et l’engouement des investisseurs soient une avancée en soit, les besoins de l’Afrique subsaharienne en infrastructures restent gigantesques, étant estimés à 100 milliards de dollars par an selon la Banque Africaine de Développement, quand les besoins de financements des entreprises sont tout aussi importants.

Il parait évident que pour accompagner et soutenir cette forte croissance, les pays africains doivent relever le défi de la mobilisation des ressources, et jusqu’à ce jour l’Afrique n’est pas encore en mesure de couvrir les besoins énormes exprimés. La cause fondamentale réside dans l’énorme déficit d’infrastructures à combler et la difficulté d’accès à des financements optimaux pour les entreprises en Afrique.

Le continent a ainsi pour tâche principale de combler le déficit de financement des infrastructures, qui s’élève à environ 50 milliards de dollars par an et qui coûte au moins 2 % en termes de croissance annuelle du PIB. Le défi du financement peut donc s'appréhender sur deux axes prioritaires : le financement des projets de large envergure qui sont transformants et structurants comme évoqué plus haut et le financement des entreprises. La problématique étant différente selon l’objet du financement.

Bien entendu, la question de la mobilisation des financements dans les deux cas s’entend par financement de long terme, ce phénomène s’explique en partie par le fait que le système financier est essentiellement composé de banques qui bien que surliquides et, se finançant elles-mêmes principalement à court terme, hésitent à financer de tels investissements.


Un secteur privé sous financé


En effet, comme il ressort de plusieurs études2, l’investissement intérieur privé pâtit souvent du manque d’accès des entreprises au crédit, ce qui est particulièrement le cas des entreprises africaines. En 2011, le crédit intérieur au secteur privé avoisinait 62 % du PIB en Afrique, contre 129 % en moyenne au niveau mondial et 75 % pour les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire. Sa part du PIB est très faible dans de nombreux pays africains. En 2011, par exemple, elle était de 14 % en Algérie, de 19 % au Burkina Faso, de 15 % au Cameroun et au Ghana, de 9 % en Guinée et Guinée équatoriale, de 12 % en Guinée-Bissau et en Zambie, de 16 % au Libéria, de 18 % en Ouganda et en République-Unie de Tanzanie.

Les entreprises africaines sont aussi confrontées à des coûts très élevés de financement de l’investissement. Les taux débiteurs élevés appliqués par les institutions financières ne favorisent pas non plus l’investissement. En 2011, ils dépassaient 20 % dans plusieurs pays du continent, dont la Gambie (28 %), Madagascar (53 %), le Malawi (24 %), l’Ouganda (22 %), la République démocratique du Congo (44 %), Sao Tomé-et-Principe (27 %) et la Sierra Leone (21 %). Il convient de souligner que ces taux sont particulièrement élevés par rapport à ceux que l’on observe dans des pays en développement à forte croissance; en 2011, par exemple, le taux débiteur était d’environ 7 % en Chine, de 10 % en Inde et de 5 % en Malaisie.


Les marchés financiers comme une alternative viable


Une des pistes de solutions toute trouvée serait le recours au marché des capitaux, couplé à une dynamisation de l’intermédiation financière dont le niveau reste encore faible en Afrique. Cela permettrait aux pays africains de s’ouvrir un large éventail des sources de crédit accessibles, et de transformer l’épargne à long terme — notamment celle des fonds de pension et des caisses d’assurance — en investissements à long terme. Et les performances enregistrées ces dernières années montrent que les acteurs ont bien compris l’enjeu de diversifier leurs sources de financement ainsi que les voies et moyens pour y parvenir.

Fait encourageant, alors que selon la CEA, le financement par capital-investissement était une pratique méconnue il y a encore dix ans en Afrique, en 2013 le continent a capté quelques milliards de dollars dans ce secteur, soit presque quatre fois le montant de 20124. Aussi, selon Mergermarket Group, les activités de fusions et acquisitions ciblant les compagnies d'Afrique subsaharienne ont totalisé 26,7 milliards de dollars en 2013, en hausse de 20% par rapport à 2012, quand sur les onze premiers mois de 2014, la part des fusion-acquisitions effectuées à l’intérieur des marchés africains a atteint 29,2 milliards de dollars pour 413 opérations, alors que les opérations de fusion-acquisition plaçant l’Afrique comme cible ont atteint en valeur 40,7 milliards de dollars pour un total de 730 opérations.

Sur le plan du financement de projets d'infrastructures, ceux effectués dans le cadre des partenariats publics-privés en Afrique subsaharienne ont atteint 2,6 milliards $ au cours de l'année 20145. On peut citer la construction au Ghana d'une centrale électrique de 900 millions $, sur la base du BOO (construire, exploiter et posséder), quand d'autres projets ont été financés par les PPP au Kenya, au Mozambique et au Sénégal.

Enfin, concernant les marchés des capitaux, Baker & Mckenzie et PWC ont publié en janvier 2015 deux rapports sur l’activité des marchés de capitaux africains en 2014 et 2015. Selon les deux firmes, si 2014 fut une année record sur le continent africain en termes de volumes de transactions et capitaux levés (11 milliards de dollars soit autant que les années 2012 et 2013 combinées), l’année 2015 avec ses 30 entrées en bourses prévues, devrait voir les introductions en bourse augmenter de 25%, et cette tendance devrait être notamment soutenue par l’Afrique du Sud, le Nigéria et le Kenya qui à eux seuls représenteraient près de la moitié des prévisions d’IPO.

De même, l’activité des Follow-on a augmenté de 50% en nombre de transactions et a doublé en termes de capitaux levés passant de 4.6 milliards en 2013 à 9.3 milliards de dollars. Cette effervescence financière démontre une nette prise de conscience des pays africains du besoin d’attirer des capitaux étrangers pour financer leur croissance. Les bourses locales multiplient les actions pour conquérir les investisseurs étrangers, c’est le cas de la Nigerian Stock Exchange a ainsi signé en 2014 un partenariat avec la bourse londonienne lui permettant accroître sa visibilité internationale par le biais notamment de doubles cotations.


Les banques d’affaires, acteurs incontournables


Nécessairement, la mise en œuvre de cette solution passe par le recours à des corps spécialisés, agréés, notamment les banques d’affaires, et les bonnes performances enregistrées ces dernières années montrent que le paysage financier est en pleine évolution et que le rôle de ces dernières devrait naturellement se renforcer.

La banque d’affaires est un intermédiaire financier couvrant l'ensemble des activités de conseil, d'intermédiation et d'exécution sur des opérations dites de haut de bilan :


* La fusion-acquisition (M&A)

* L’Equity Capital Market

* Le Debt Capital Market

* Le Financement Structuré

* Le Leveraged Finance, etc...


Elle conseille les entreprises sur des questions diverses allant du financement de leur activité à la structuration de leurs opérations de croissance externe, et les Etats non pas seulement dans la simple allocation de nouvelles tranches de dettes mais dans la structuration de montages financiers lisibles et stratégiques autour de projets « structurants », à même de créer de la valeur et du bien-être.

Dans un contexte de pleine croissance et d’afflux de capitaux, le rôle des banques d’affaires en Afrique peut s’appréhender sous les deux axes majeurs que sont le conseil et la mobilisation des financements.

En effet, compte tenu de leurs ressources limitées, en plus des levées de fonds en devises locales comme étrangères, les gouvernements africains ont de plus en plus recours à des partenariats public-privé (PPP) pour assurer le financement de leurs investissements d’infrastructure. Et dans la mise en œuvre de ces opérations, les banques d’affaires sont les partenaires privilégiés de nos Etats non seulement par également l’origination de dettes à émettre, mais aussi par l’assistance apportée dans la définition de la stratégie à adopter, et dans leurs phases d’exécutions par la structuration du financement desdits projets d’investissements.


Egalement dans le soutien au secteur privé, les banques d’affaires sont présentes dans l’accompagnement des entreprises à travers les opérations également d’origination de dettes à émettre, de fusion-acquisition, de structuration de financement, etc...

Plus important encore, dans le souci de facilité l’accès aux financements longs des PME qui ne remplissent pas les conditions d’entrée sur nos marchés financiers régionaux, des initiatives sont en train d’être prises, notamment sur la BRVM, pour leur permettre de pouvoir y recourir. L’effectivité de ces mesures pour ces dernières, passera bien entendu par le biais des banques d’affaires.

L’on perçoit donc l’importance qu’ont et que prennent les banques d’affaires dans le paysage financier Africain, au vu du rôle majeur qu’elles ont à jouer dans le développement de nos économies Africaines. Leurs présences de plus en plus remarquables auprès des Etats et des entreprises témoignent de la vitalité de leurs secteurs d’activité et de l’impérieuse nécessité des services qu’elles apportent.


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